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gaz de schiste
Article mis en ligne le 28 février 2011
dernière modification le 13 novembre 2019

Total, GDF Suez et Schuepbach Energy s’apprêtent à explorer le sous-sol d’une zone de 15 000 km2 allant de Montélimar (Drôme) à Montpellier (Hérault) et qui remonte jusqu’au Larzac. A la clé, peut-être des milliards de mètres cubes de gaz et donc l’indépendance énergétique de la France. Mais aussi de probables désastres environnementaux.

C’est en mars 2010 que Jean-louis BORLOO, alors ministre du développement durable, a délivré les autorisations.

En dix ans, les Etats –Unis sont devenus grâce à ce gaz de schiste le premier producteur de gaz devant la Russie. Mais à quel prix ? En effet, le gaz de schiste est une forme de gaz naturel enfermé dans des roches très compacts (les schistes) à plus de 2000 mètres de profondeur. La capture de ce gaz complexe se fait par la fracturation hydraulique, technique mise au point aux Etats-Unis : après avoir fait un forage à la verticale, il faut procéder à un forage à l’horizontale en envoyant plusieurs millions de litres d’eau, mélangées à du sable et à des adjuvants chimiques afin de faire éclater les roches et faire remonter le gaz à la surface.
Et non seulement la paysage devient comme un gruyère par les nombreux forages et les rotations de près de deux cents aller –retour de camions citernes amenant l’eau et les autres éléments nécessaire au chantier et récupérant le gaz, mais les adjuvant chimiques (Plus de 500 recensés) envoyés dans les forages risquent de polluer durablement les nappes phréatiques. Le documentaire Gasland de Josh Fox sélectionné au festival de Sundance 2010 a créé un sursaut de l’opinion publique : on y voit des habitants mettant le feu à l’eau du robinet avec un briquet, tant celle –ci est chargée de gaz infiltré dans des aquifères endommagés.

7 à 15 millions de litres d’eau sont nécessaires par fracture et un puits peut être fracturé jusqu’à 14 fois. L’eau est au cœur du problème. Car extraite du puits, elle doit être stockée dans de grandes citernes et des circuits municipaux qui ont essayé de la traiter se sont aperçus de sa contamination non seulement par les composés que renferme le sous-sol (métaux lourds, sel, éléments radioactifs, hydrocarbures, etc.) mais aussi par les éléments ajoutés pour accélérer la fracture. Ainsi Théo COLBORN, spécialiste de santé environnemental et ancienne directrice scientifique du WWF Etats –Unis a analysé leur composition : des perturbateurs endocriniens pour un tiers et des substances potentiellement cancérigènes pour un quart.
Ainsi si la législation n’avait pas été changé contre les lois environnemental par Dick CHENEY, alors vice-président de George W. Bush et ex-PDG de l’énergéticien Halliburton, aujourd »hui géant mondial de l’exploitations du gaz de schiste, rien n’aurait pu être fait aux Etats –Unis. Un éditorialiste canadien compare sur le plan environnemental le gaz de schiste pour le gaz naturel au sable bitumineux pour le pétrole.

Les entreprise françaises qui ne maîtrisent pas la technique de la fracturation hydraulique ont dû s’allier à des sociétés américaines : ainsi début 2010, Total a acquis 25% de la Cheseapake Energy, leader mondial de cette technique pour opérer sur le site de Montélimar. GDF Suez s’est allié avec Schuepbach Energy et Dale pour exploiter en Aveyron.

Le gouvernement a agi sans lancer d’études sur l’impact environnemental d’une telle technique. C’est le journaliste et écrivain Fabrice Nicolino (Rédacteur à La Croix et aux Cahiers de st Lambert) qui a le premier par son article dans Charlie Hebdo du 6 octobre 2010 a alerté José Bové qui a pris depuis la tête de la mobilisation des écologistes contre ce projet.
Suite à la polémique, le gouvernement a décidé de suspendre les travaux de prospection de gaz de schiste dans le Sud de la France et de mettre en place une mission d’information qui doit rendre son rapport avant le 30 mai. D’autres régions la Picardie, Midi-Pyrénées et l’Ile de France sont aussi concernées.

Priscille de Poncins

Pour aller plus loin :

Sources :
Remerciements à Marine JOBERT,journaliste à Terra Eco (Février 2011) qui a bien voulu me transmettre son article et à Fabrice NICOLINO pour sa recommandation.

Article Sébastien ROCHAT 18/02/11 Arrêt sur image transmis par objecteurdecroissance@yahoo.fr

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