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Du poisson mais pas n’importe lequel (n°21)
Article mis en ligne le 25 janvier 2008
dernière modification le 14 novembre 2019

Quelques chiffres à propos du poisson :

Depuis 30 ans, la demande de produits de la mer a plus que triplé.
Selon la FAO, en 2003, 52% des stocks de poisson étaient exploités à leur maximum, 24% sont surexploités voire en voie d’épuisement, les 24% restants étant modérément exploités.

Quelques chiffres peuvent nous parler :

  • Selon certains experts, le thon rouge de Méditerranée pourrait avoir disparu d’ici 2 ans.
  • Les prises de cabillaud dans l’Atlantique ont diminué de 70% : il y a quelques dizaines d’années, ces poissons qui peuvent vivre jusqu’à 40 ans mesuraient 2m et pesaient 80 kg . Aujourd’hui, ce sont des « bébés » de moins de 2 ans qui sont pêchés et qui n’ont pas eu le temps de se reproduire. Résultat : si rien ne change, l’extinction de l’espèce est prévisible d’ici 10 ans.
  • Les crevettes sont devenues à la mode : leur consommation a triplé en 10 ans. ¾ sont des crevettes sauvages, péchées au moyen de filets coniques traînés par des bateaux, avec des conséquences sur les fonds marins proches de la déforestation en surface. Dans les zones tropicales, on estime que pour avoir 1 kg de crevettes, il aura fallu 10 kg de captures « annexes » de poissons divers, de tortues marines qui seront rejetés morts à la mer !

Mais l’aquaculture, alors : là encore, ce n’est pas LA solution car il faut savoir que pour obtenir 1kg de poisson d’élevage, cela nécessite de réduire en farine de 3 à 7 kg de poissons sauvages. Et que dire des pollutions engendrées par la concentration de poissons dans les fermes aquacoles !

Mais alors, peut-on encore consommer du poisson sans se culpabiliser ?

Oui, mais à condition de prendre en compte un certain nombre de facteurs lors de nos achats.
La 1ère règle à respecter est de diversifier les poissons que l’on consomme pour alléger la pression sur les espèces les plus demandées.

Le WWF et Greenpeace ont publié des guides pour une consommation responsable des produits de la mer. Ainsi, on apprend qu’il faut éviter absolument le cabillaud, l’anguille, le loup de mer, la raie, le requin ou le thon rouge. Par contre, on pourra privilégier les huîtres, les moules, le maquereau, le colin d’Alaska ou les sardines.

Un autre point à surveiller, ce qui devient possible grâce à un étiquetage plus parlant, ce sont les méthodes de pêche. Les lignes et les casiers ont un impact moindre sur les autres espèces et sur l’environnement tandis que le chalutage qui racle les fonds et qui ramasse trop cause de gros dégâts. Même en boîte, la marque « Connétable » propose du thon pêché à la ligne.

On peut citer aussi le respect des saisons et le choix de produits de la mer pêchés localement ce qui est un gage de fraîcheur et qui évitera des transports polluants.

Enfin, surveillons bien les étiquettes car l’éco-label MSC* qui garantit une pêche durable arrive en France .

Pour Radio Présence

*Le label MSC (Marine Stewardship Council), fondé par le WWF, certifie des produits de la mer issus de pêcheries durables et bien gérées et ne contribuant pas au problème de surpêche. Il garantit que tout produit de la mer a été pêché selon des directives vérifiées par un organisme tiers indépendant et de techniques de pêche permettant la préservation des espèces marines, des milieux et de la biodiversité. (NDLR)

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