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Apimondas (n° 95)

Des colonies entières qui disparaissent, des ruches décimées…l’apiculture est en crise et la polémique enfle. Comment expliquer cette hécatombe, qui frappe aussi bien les butineuses européennes que leurs cousines américaines ou chinoises ? Mystère…

Weronika Zarachowicz, journaliste à Télérama, expliquait dernièrement dans les colonnes de son journal : « On a tout dit, ou presque, des scènes de crimes et de leur diversité. Tantôt, ce sont des colonies entières qui se volatilisent sans qu’on retrouve un cadavre, phénomène que les Américains ont baptisé « syndrome d’effondrement des colonies ». Tantôt, c’est une ruche qui s’affaiblit avec des abeilles de moins en moins productives. Ailleurs, c’est un tapis d’ouvrières retrouvées mortes devant la ruche…Mais l’assassin ? Quinze ans après les premières alertes, des trésors de connaissances accumulées et une médiatisation exceptionnelle, le dépérissement des butineuses reste un casse-tête. Car les scientifiques n’ont glané qu’une poignée de certitudes dont celle-ci : LE coupable unique, le serial killer obnubilé par Maya l’abeille, n’existe pas. Tout indique que les butineuses meurent sous les coups conjugués de plusieurs assassins. »

Au mois de Septembre s’est tenu à Montpellier le Congrès mondial Apimondia qui réunissait 10 000 apiculteurs et 200 scientifiques.
A la question : Pourquoi cela ? La réponse est qu’il s’agit de causes multifactorielles :

  • La dégradation de la biodiversité et donc de la ressource alimentaire.
  • L’apparition de nouvelles pathologies et de nouveaux agresseurs tels que le frelon asiatique liés aux échanges internationaux. Celui-ci est arrivé sur le sol français en 2005 et accroît d’année en année sa zone d’habitat et de dégâts.
  • Des abeilles sélectionnées hyper-productives mais plus fragiles.
  • Les pesticides ingérés dont on connaît peu les effets et surtout les interactions.

Un directeur de recherche du Ministère de l’Agriculture américain a dit :
« On peut faire un parallèle avec la grippe chez l’homme, qui peut avoir des conséquences graves si l’organisme est déjà affaibli. Je pense que l’abeille est soumise à toute une série de stress et que les virus et autres pathogènes sont des opportunistes qui la tuent parce qu’elle est déjà affaiblie. »

Si les abeilles sont des sentinelles de l’environnement…leur déclin est peut-être le signe des dangers qui nous guettent.
Mais que peut-on faire ?
 ? Modifier les pratiques agricoles et domestiques.
 ? Recréer des espaces de biodiversité un peu partout, dans la campagne et dans nos jardins.
 ? Mettre en application au plus vite le plan ECOPHYTO 2018 qui vise 50% de pesticides en moins en 10 ans

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