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Livre : Planète Vie, Planète mort. Editions CERF

26 auteurs ont participé à ce livre, ce qui explique sans doute qu’il a mis longtemps à sortir.
Agréable à lire car on peut y piocher ce qui vous intéresse le plus. L’ensemble constitue néanmoins un tout
bien construit en trois parties :

1) Après un bref historique des grandes conférences internationales, les principaux problèmes écologiques
sont examinés : démographie, biodiversité, urbanisation, énergie et transports, OGM, agriculture, eau. J’en
retiens que

 ? l’alerte lancée en 1972 par le Club de Rome « Halte à la croissance » n’est plus justifiée car la
démographie a ralenti. La scolarité des filles freine la procréation et c’est la précarité qui la fait
progresser... Raison de plus pour lutter contre la pauvreté !

 ? le problème de la biodiversité c’est qu’elle est au Sud et l’argent pour la sauvegarder est au Nord.

 ? l’urbanisation provoque des dégâts car il y a de moins en moins d’espaces naturels

 ? en matière d’énergie et surtout de transports, la conclusion est certes que les pays développés doivent
changer leurs modes de vie

 ? après une bonne définition de la transgénèse, l’auteur démontre que les OGM ont forcément un impact
sur la nature et qu’il est dommage de ne pas prendre en compte le rapport des quatre sages :
« l’expérimentation est-elle acceptable ? ». Les OGM n’apportent pas un meilleur rendement,
n’évitent pas les pesticides, condamnent l’agriculture biologique et ne résolvent pas la faim dans le
monde.

 ? en agriculture je ne savais pas qu’il existait une formule de « cultures intermédiaires » qui protègent
les nappes phréatiques en piégeant les nitrates et en les redonnant la saison suivante.

 ? l’eau, trésor de vie, patrimoine en partage. Or 10 pays se partagent 60 % des réserves mondiales.

2) La théologie de l’Eglise sur ce sujet

 ? Jacques Arnoult écrit qu’il faut mieux savoir pour vaincre nos peurs, ouvrir à l’espoir et agir. Prendre
des risques car le risque est prémice de salut. Tel le peuple hébreu à l’Exode, donnons nous des lois et
marchons vers la Terre promise. Le monde est actuellement le désert et nous sommes en état de
cheminement vers la perfection ultime. L’espoir doit succéder à la peur et le pardon au péché. Le
Christ est venu sauver le cosmos tout entier.

 ? Pour André Talbot, le développement doit être non seulement durable mais solidaire. Le progrès doit
être au service de l’homme et nous devons voir à long terme les conséquences de nos actes. Il affirme
que nous avons une dette de reconnaissance à l’égard des générations précédentes qui nous ont légué
un monde à gérer.

 ? Marie Joseph Verlinde explique les dérives du New Age.

 ? Pascal Roux regrette que dans nos communautés il y ait un préjugé selon lequel les questions
d’écologie relèvent surtout de la politique et n’ont guère de rapport avec la foi chrétienne. Se basant
sur les affirmations des papes Paul VI et Jean Paul II il conclut qu’il faut respecter l’homme et tous les
hommes et garder foi et espérance en ce sens.

3) Réalisations concrètes : agir pour la Création.

Les Eglises doivent convertir le coeur de chacun afin de se libérer du « toujours plus ».Aux chrétiens d’être
levain dans la pâte et de privilégier l’ être plutôt que l’avoir. En Suisse, création du Comité oecuménique de
travail Eglise et environnement (COTE) qui sensibilise les chrétiens chaque année entre le 1er septembre et le
4 octobre par des campagnes (ex : « sol atout, sol à tous »). En Allemagne, subventions de l’archevêché de
Fribourg en Brisgau pour des centrales thermiques écologiques, des cellules photovoltaïques, des pompes à
chaleur, des éoliennes. La Norvège, la Finlande, la Belgique ont depuis longtemps innové en la matière. Et
en Autriche les évêques ont fondé une association qui a réussi à éviter la construction d’une centrale
nucléaire.

Les rassemblements oecuméniques de Bâle et Gratz ont été très porteurs et le prochain est programmé en
Roumanie du 4 au 8 septembre 2007. En France sont cités la lettre des évêques en 2000, le colloque de
WWF en 2003 au Mt St Michel, les Assises Chrétiennes de la Mondialisation. Puis quelques pistes de
réflexion sont données pour promouvoir le développement durable dans nos engagements. Exemple :
pratiquer le commerce équitable, les placements éthiques. Dans notre vie privée, donner une dimension
collective à nos choix.

Analysant le fait que notre univers est menacé par l’homme qui tente de se substituer à Dieu, Jacques Turck
prône l’éducation à la frugalité en distinguant le nécessaire et le superflu dans l’usage de notre argent et de nos biens et il conseille de partager en groupe sur ce sujet (c’est bien ce que nous faisons à l’atelier !) Il
conclut : il ne peut y avoir de paix avec les autres s’il n’y a pas de paix avec la nature.

Céline Larousse signale que 2005-2014 c’est la décennie que l’ONU centre sur l’éducation à
l’environnement en vue du développement durable.
Il est important de faire exister le monde et les autres dans le monde. Nous avons un devoir d’apprendre aux
enfants à aimer la nature et à se satisfaire de ce qu’ils ont.
Le Patriarche Bartholomée 1er : « la cause de notre péché à l’égard de l’environnement réside dans notre
égoïsme. »

Témoignages :

Un curé de Val de Marne est cité en ex car il a organisé des soirées sur le développement durable, ce qui a
donné une réflexion sur l’intercommunalité, la gestion de l’espace en secteur périurbain. Croyants et
citoyens ont travaillé ensemble... Je souhaiterais que beaucoup de curés proposent ces soirées (à nous de les
susciter ?)

Expérience des moines de la Pierre qui vire qui, après avoir quelquefois fait fausse route, pratiquent
maintenant une agriculture biologique.
Témoignage de Jean-Hugues Bartet que sa qualité de diacre a fait se réconcilier forestiers et éleveurs de
Haute Provence.

Puis Jean Pierre Ribaut donne plein d’idées pour célébrer la Création et le Créateur (cf la plaquette de Pax
Christi sur ce sujet, document de 73 pages à demander à hugues.ravenel chez netcourrier.com pour un envoi
électronique, une réédition est en cours).