\n

Spipoll (n°132)

Comment apprendre à des enfants à observer et à aimer tout ce que la nature nous offre ?

Et bien, le Muséum National d’Histoire Naturelle avec d’autres partenaires propose un projet participatif : SPIPOLL (S.P.I.P?.O.L.L.) ce qui veut dire Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs avec un mot d’ordre : « Devenez un paparazzi des insectes pollinisateurs. » L’objectif est de faire participer le public afin d’aider les scientifiques dans leur immense tâche : recenser les 900 espèces d’insectes floricoles, dans les campagnes, dans les jardins et même sur les balcons.
Ce n’est pas un jeu-concours ! Il s’agit, vous l’avez compris, de sauvegarde de la biodiversité.

Pour devenir photographe d’abeilles, de guêpes, de bourdons…de nos amis les insectes volants, ça demande de la patience !
« Au moins 50 espèces différentes fréquentent les fleurs de nos jardins, dit Romain Julliard, initiateur du projet.
De loin, ce sont juste des bestioles qui bourdonnent. De près, on découvre que des abeilles pondent des œufs dans des colonies de bourdons ou que des syrphes font des ravages dans les colonies de pucerons. »

Comment participer à ce projet ?

Tout d’abord, il faut s’inscrire en ligne sur le site SPIPOLL.
Ensuite, muni d’un appareil photo numérique, il s’agit, sur une espèce de fleurs définie, de photographier un maximum d’insectes appartenant à des espèces différentes, en 20 mn au moins.
Ces photos, de qualité suffisante pour différencier une espèce de l’autre, constituent une collection.
Elles sont alors déposées sur un album virtuel, en ligne.
Dans un 3e temps, il faudra essayer d’identifier aussi précisément que possible chaque espèce à l’aide d’une clé d’identification en ligne.

Le protocole SPIPOLL a 3 qualités :

Il est ludique : on se met en chasse d’insectes, avec un appareil-photo.
Il est didactique : après avoir pris les photos, on essaie de mettre un nom sur chaque insecte.
Il est pédagogique : c’est un moyen d’appréhender la diversité du vivant à travers les pollinisateurs.

L’ensemble sera enfin utilisé par les scientifiques : rappelons-nous qu’une grande partie de notre alimentation repose sur les plantes pollinisées par les insectes qui rendent un immense service écologique et gratuit. Or, ce service est aujourd’hui menacé par l’intensification de l’agriculture, l’urbanisation, les changements climatiques.

Ce projet rejoint celui d’un jeune grand-père qui avait équipé 2 ou 3 de ses petits enfants d’un appareil photo avant une promenade en montagne. Le but : photographier plantes, insectes, traces…avec, de retour à la maison, l’objectif de les identifier et d’en savoir plus grâce à des livres ou à internet.

Pour Radio Présence