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Le coton (n°31)
Article mis en ligne le 4 avril 2008
dernière modification le 15 novembre 2019

Sur le marché européen du textile, 60% des fibres utilisées sont synthétiques, la laine représentant 10% et le coton les 30% restants. Au premier abord, le coton nous renvoie l’image d’un textile sain et naturel.

Cependant, les apparences peuvent être trompeuses : quelques chiffres peuvent nous en donner une idée.
— le coton occupe moins de 3% des terres cultivées dans le monde,
— sa culture nécessite 25% des insecticides utilisés ainsi que
— 11% des pesticides dont le DDT interdit en France.

Pour produire 1 KG de coton, il faut 7000 litres d’eau, 75 G de pesticides, 2 KG d’engrais !
Cette énorme consommation d’eau, par exemple, est responsable de la quasi disparition de la Mer d’Aral lorsque l’ex-URSS décida de planter du coton à très grande échelle, en détournant les fleuves qui l’alimentaient.
Les victimes de ces pratiques sont en premier lieu les travailleurs agricoles, souvent des saisonniers surexploités. On a connaissance de nombreuses intoxications ou empoisonnements en Egypte ou en Inde.

Il est vrai que les pratiques de culture varient beaucoup d’une région du monde à l’autre.
Les Etats-Unis, la Russie, la Chine pratiquent une culture intensive, mécanisée, irriguée. Ils utilisent de nombreux produits dont les défoliants qui, faisant tomber les feuilles, facilitent la récolte. Cette agriculture est subventionnée.
Face à ça, il y a la culture africaine, au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal. C’est une culture de rente complémentaire qui, en entrant dans les rotations avec le sorgho, le mil ou les cultures vivrières, en améliore la productivité. Les récoltes se font à la main avec peu ou pas de traitement.

On ne peut pas évoquer la question du coton sans parler des OGM puisque leur proportion augmente d’année en année. Ce sujet très complexe ne peut pas se traiter en 2mn mais ce qui est sûr, c’est que ces semences hybrides ne pouvant se reproduire, les petits producteurs deviennent dépendants d’agro-entreprises multinationales auxquelles ils doivent acheter les semences chaque année, ne pouvant plus faire leurs propres semis, de manière traditionnelle. Cette situation peut être catastrophique : ainsi, en Inde, on dénombre chaque année plus de 25 000 suicides de paysans surendettés et désespérés.

C’est pour cela que Max Havelaar a décidé, depuis 3 ans, de labelliser la filière coton en Afrique. Ce label du Commerce Equitable garantit un prix d’achat plus élevé, des conditions de travail et de vie qui respectent l’Homme et une agriculture naturelle meilleure pour la santé et pour la terre, sans OGM pour être durable.

Lors de nos achats de vêtements ou de linge de maison, pourquoi ne pas penser au coton Bio et/ou équitable ?
Un exemple : la ville de Paris a décidé d’habiller ses 7000 éboueurs en coton équitable d’ici 2009.

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