Des actes pour un monde plus beau.
Article mis en ligne le 13 janvier 2010
dernière modification le 14 novembre 2019

Ce document a servi de base de travail lors de la mise en place de l’exposition des Semaines Sociales de France (SSF) sur le thème du développement durable en 2007.
Il n’avait jamais été publié ici alors qu’il est le résultat de recherches d’un membre de l’atelier (JP)

VIVRE SIMPLEMENT POUR QUE TOUS PUISSENT SIMPLEMENT VIVRE

Prenant conscience de mes habitudes, je réfléchis à ce que je peux (re)découvrir ou expérimenter et qui me (re)donnera le goût des choses simples ayant un faible impact nocif sur l’environnement et créant de la solidarité sur terre.

Quand j’y pense, je me demande si les personnes et la création où je vis n’ont pas quelque chose en plus, au delà de ce qui est biologique, quelque chose de l’ordre de la beauté, de l’émerveillement, de la dignité, du sacré.
Le dernier rapport du GIEC dit bien que l’homme est à 90 % responsable du changement climatique.

Je décide donc de passer du savoir à l’action.
Maintenant informé, voici le moment de m’engager.
Or, changer mes comportements c’est un acte qui dépend de ma volonté propre.

Si je suis convaincu que notre monde est à un stade où il faut affirmer que cela ne peut pas continuer ainsi, nous vous proposons d’essayer de répondre aux questions suivantes

TRANSPORTS

– Quand c’est possible, est ce que j’intègre la sauvegarde de la Création dans mes choix de moyen de transport ou de déplacement ?

– Est ce que je pense aux conséquences de ces choix ? (la pollution qu’ils provoquent, la nature qu’ils font souffrir, les autochtones que je gêne ).

– Dans ma vie de tous les jours, pourrais-je me déplacer autrement ? A pied ? Cela permet la rencontre de l’autre, la halte conviviale à la pause, le partage d’une lente découverte. A vélo ? L’effort musculaire peut rendre conscient de la valeur de l’énergie déployée (quelle qu’elle soit !). Dans la boîte où je travaille, est ce que je songe à demander que soient installés des parkings à vélos ? Est ce que je réclame à ma municipalité de créer des pistes cyclables ? En transports en commun ? A Paris, cela pourrait être plus convivial... mais rien ne nous empêche d’aller au devant de notre voisin et de créer discrètement l’ambiance.

– Si je suis obligé de circuler en auto, est ce que je pense à
conduire en souplesse ?
Respecter les limitations de vitesse ?
Faire régler mon moteur ?
La mettre sur le train pour les longs trajets ?
Organiser du covoiturage ?
Prendre éventuellement des autostoppeurs ?
L’auto est un moyen de transport, est ce que j’envisage qu’elle soit aussi moyen de communication entre les personnes ?
Est ce qu’au volant je songe à protéger le plus faible ?
Est ce que je me sens responsable de la vie des autres ?

  • Mon auto est démodée, vieille,
    vais-en changer ?... pour en prendre une autre (qui consomme moins de carburant ? )
    me contenter d’en louer une quand j’en aurai besoin ?

En voyage qu’est ce qui me fait choisir
– l’avion ? Si c’est pour aller dans une contrée lointaine, est ce que c’est pour moi l’occasion de voir les autres vivre, de partager un peu leur quotidien, de comprendre leurs problèmes, d’en tirer les conclusions à mon retour, et au besoin de les aider ?

– l’auto ? Si elle me permet d’atteindre des coins perdus, est ce que j’en profite pour contempler ces lieux sauvages, découvrir des inconnus, admirer la nature vierge ?

– Le train ? parce que cest le moyen de transport le moins polluant des trois.

HABITAT ET URBANISME

L’environnement, c’est moi qui le crée, et en m’installant c’est important de penser à l’impact sur le voisinage. La ville est faite de tous ses habitants et construire empiète souvent sur la campagne ou défigure la nature.

– si j’ai l’intention de construire ma maison est ce que je tiens compte de son impact sur l’environnement ?

Le choix de son emplacement tient-il compte du trajet pour aller à mon travail, au marché, à l’école ?

Le chemin pour arriver chez moi sera-t-il macadamisé ? Gravillonné ? Réaliser qu’à force de bétonner et de goudronner, l’eau ne peut plus s’infiltrer dans la terre et cela provoque des inondations.
Pour le chauffage et l’eau chaude est ce que j’ai étudié la possibilité d’installer un système d’énergie solaire ?

– quand je suis en maison individuelle, est ce que j’ai déjà étudié la possibilité d’utiliser des énergies renouvelables ?

– Pour user moins d’énergie et contribuer ainsi à faire durer ce qui reste dans le monde,
ai-je pensé à isoler murs et fenêtres ?
À acheter des appareils électro ménagers de classe A (économes en énergie) ?
À utiliser des ampoules à basse tension ?
Est ce que je pense à couper la veille de mes appareils électriques, à éteindre quand je quitte une pièce ou que la lumière du jour est suffisante ?
Si j’ai fait installer la clim est ce que je ne la mets pas trop systématiquement alors qu’un bon courant d’air pourrait suffire ?

– Pour ne pas gaspiller l’eau et en laisser pour tout le monde, :
Ai-je le souci de réparer la moindre fuite ?
Ai-je fait installer des économiseurs d’eau ?
Les chasses d’eau sont-elles à deux niveaux ?
Quand je lave, est ce que je pense à utiliser des lessives sans phosphate et uniquement la dose indiquée ?
Si j’ai un jardin, est ce que je prévois un arrosage goutte à goutte ?
puis-je récupérer l’eau de pluie pour arroser mon jardin ?
Est ce que je me suis renseigné sur la possibilité d’utiliser des produits naturels au lieu des herbicides, engrais chimiques, détergents ... ?

– Quand je n’occupe pas ma résidence secondaire, est ce que j’imagine possible d’en faire profiter quelqu’un qui ne peut se payer des vacances ?

– Si j’ai de la place chez moi, est ce que j’envisage d’offrir l’hospitalité à des personnes n’ayant pas les moyens de se payer un hôtel ?

DECHETS

Notre civilisation conduit souvent, au nom de l’hygiène, à protéger la nourriture par des emballages sophistiqués, pour gagner du temps à pratiquer le jetabl, pour simplifier la vie des personnes seules à proposer des denrées en barquettes.

– Est ce que jai en tête de produire le moins possible de déchets ?
En prenant mon cabas quand je vais faire mes courses ?
En refusant les sacs de caisse et en disant pourquoi ?
En achetant en vrac plutôt qu’à la portion préemballée ?
En utilisant le papier recto verso ?

– Quand j’ai des déchets, qu’est ce que j’en fais ?
Je pense à donner à recharger mes cartouches d’encre ?
Je me donne la peine de rapporter les piles usagées à leur point de vente ? Id pour les médicaments non consommés.
Ai-je l’idée de collecter les papiers d’alu (car ils sont indéfiniment recyclables ?)
Quand je mets à la poubelle, est ce que je pratique le tri sélectif ?
Je sais qu ’en Allemagne le verre est trié par couleur (vert, blanc,brun), ai-je l’idée de proposer cela en France ?
Et le compost, si je ne le fais pas encore, est ce que j’apprends à le pratiquer suivant les règles ? Je sais qu’il existe des assiettes et gobelets en carton compostable et des couverts à base de maïs, (cf les JMJ de Cologne), est ce que je me donne du mal pour en chercher quand j’organise une rencontre ?

BIODIVERSITE

Suis-je attentif à la nature et ai-je le souci de la préserver : les plantes, les haies, les arbres ; les animaux aussi sont nos convives et les laisser vivre est important.
Est ce que je me rends compte que toutes les espèces ont un rôle et qu’en faire disparaître est grave ?

CONSOMMATION

Notre société a tendance à surconsommer (et les possibilités de crédit à la consommation y incitent) ?
Sous prétexte que j’ai les moyens, est ce que je sais distinguer entre l’indispensable, le nécessaire et le superflu ?
Est ce que je réalise que mon superflu peut devenir le nécessaire des autres ?
Comment est ce que je gère ma propre consommation ?
La frugalité, la sobriété me paraissent-elles être des qualités ou des défauts ?
Dans l’alimentation,est ce que je sais prendre en compte tous les critères de choix ?
acheter les produits de saison et de production locale, pour limiter les transports ?
en vrac, pour éviter les emballages ?
les produits à protéines végétales plus qu’animales ?
provenant de l’agriculture biologique (sans engrais chimiques ni pesticides)
est ce que je privilégie l’eau du robinet , évitant ainsi les transports de bouteilles et les emballages ?

D’une façon générale, est ce que dans chaque acte d’achat je pense à respecter toutes les personnes qui ont contribué à la fabrication du produit et aux consommations d’énergie qu’il a suscitées ?
je préfère ce qui est recyclable (donc plus durable) ou recyclé , souvent dans des entreprises d’insertion ?
Est ce que je privilégie les produits ayant le label NF environnement ?
est ce que je regarde la provenance des produits pas chers (car leur bas prix est souvent dû à une main d’oeuvre sous payée) ?
Quand je me fournis en bois tropical, est ce que je pense aux forêts dont il provient ?
Est ce que je fréquente les magasins « artisans du monde », qui aident les populations des pays pauvres ?
Suis-je prêt à mettre en balance le surcoût des produits bio ou du commerce équitable ? Parce que je fais là un acte de générosité, si minime soit-il.
En vacances, dans le choix de mes loisirs, est ce que je pense à leur impact sur l’environnement, à la pollution provoquée par les moteurs, à l’atteinte à la biodiversité (chasse, pêche, cueillette ), à l’intrusion dans la nature, la gêne, le trouble, et même la privation que je provoque à l’égard des populations autochtones (l’eau par ex, que je gaspille ou que je souille en me lavant) ?
Quand j’apprends la façon dont vivent les aborigènes d’Australie, je me demande si ce n’est pas eux qui sont dans le vrai : j’admire leur rapport à la nature, leur respect pour la terre qui est leur mère nourricière. Considérés par certains comme des primitifs à qui nous devons apporter la civilisation, je vois la richesse de leur dénuement et leur authenticité.

EPARGNE ET SOLIDARITE

Partant de l’idée que les biens que je possède ne m’appartiennent pas vraiment, est ce que je pense à partager, à prêter, à donner (mon argent, mais aussi mon temps, mon énergie, mon savoir -faire ? )
Conscient des besoins du monde, je me sens privilégié et ai envie d’agir pour ceux qui manquent et qui me sont plus ou moins proches.
Par mes comportements, je fais attention à ne pas priver les générations futures des bienfaits dont j’ai profité.

Quand j’ai envie de changer de vêtements parce qu’ils sont démodés ou que je m’en lasse et n’en veux plus, qu’est ce que j’en fais ? Est ce que je cherche à qui cela pourrait faire plaisir ? Les associations caritatives sont là pour récupérer nos surplus.

Quand ma bibliothèque déborde de livres, je fais le tri de ceux que je ne souhaite pas garder ... mais qu’est ce que j’en fais ? Au lieu de les mettre au pilon est ce que je me donne la peine de chercher qui cela peut intéresser ?

Si j’ai de l’argent à placer, est ce que j’ai déjà envisagé de prendre des produits de partage ou à finalité solidaire ? (Finansol).
Ai-je déjà essayé de souscrire au capital d’une entreprise solidaire, à pratiquer le micro crédit, ce qui aide des familles entières à sortir de la pauvreté ?

Si j’ai un portefeuille en bourse, est ce que je pense utile de privilégier les placements éthiques qui tiennent compte des notations sociales et environnementales des entreprises ?

Quand j’achète du textile, est ce que je pense à participer à la campagne « de l’éthique sur l’étiquette », et ainsi maîtriser les méfaits possibles de la mondialisation ?

Si je suis persuadé de l’intérêt de protéger la terre et ses habitants, j’ai souvent l’impression que seule je ne peux rien. Est ce que je me sens citoyen du monde et responsable de sa sauvegarde ?
Est ce que je cherche alors à rejoindre un réseau ? Ainsi, en dialoguant et en échangeant nos savoirs, nous pouvons progresser, nous soutenir et nous encourager mutuellement .
Puis-je entrer en contact avec mes voisins, faire leur connaissance, être ainsi plus fort pour faire bouger les municipalités et pour que se réalisent les projets préconisés par les usagers pour le bien commun ?
En mettant en commun notre manière de faire, suis-je conscient que nous pouvons rendre nos villes et nos campagnes plus agréables à vivre ?
Quand je vois les progrès à faire, les écueils à éviter, est ce que je me donne la peine d’écrire aux journaux, de me manifester auprès des élus ?
Lors des élections, est ce que les questions de sauvegarde de la création sont un critère pour choisir le candidat retenant mon suffrage ?

CONCLUSION

Ne nous disons pas :

  • les autres ne font rien...pourquoi irais-je m’embêter ?
    – c’est au gouvernement d’agir : à part voter, je n’y peux rien .
    – tout est déjà foutu, je laisse courir ... après nous le déluge !
    – La technologie fait toujours des progrès ... elle a toujours trouvé des solutions , elle en trouvera bien. Attendons ... et profitons !

Ne croyons jamais que notre geste est inutile parce que trop insignifiant (les petits ruisseaux font les grandes rivières). Donnons du sens à nos actes.

ETRE LE SEL DE LA TERRE, LA LUMIERE DU MONDE

TU AIMERAS TON PROCHAIN COMME TOI MÊME

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