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Consommation alimentaire et agriculture locale : développement local, circuits courts, Arras 2009
Article mis en ligne le 6 mars 2009
dernière modification le 15 novembre 2019

Compte-rendu de la conférence du 7 février 2009 à Arras

Agnès Jacques présente les
intervenants qu'elle a invités pour cette soirée :

Stéphane Leleu, rural,
délégué diocésain, animateur de réseaux, administrateur d'associations.

  • Le GERMOIR : lieu
    de création d'activités dans un ancien corps de ferme réhabilité
    HQE avec 4 ha de terres et 600 m2 de bâtiments agricoles qui y accueillent
     :
  • GRAINE DE SAVEUR
    pour découvrir les produits bio : repas bio pour des collectivités,
    maraîchage bio sur un espace pérenne et accueil de stages accompagnés
    sur le reste du terrain.
  • 4 VENTS pour installation
    d'éoliennes.
  • VIVABIO : 7 distributeurs
    pour une trentaine de consommateurs (association créée par le MRJC
    pour aider les agriculteurs en difficulté).

Toutes ces associations sont
liées et il faut noter que dans le Pas de Calais il y a beaucoup de
demandes de cultivateurs bio mais un manque d'offres. Noter qu'il y
a du bio au « pays des 7 vallées. »

Ils organisent des soirées-débats
avec le film « nos enfants nous accuseront ».

Alain Tredez, d'une
communauté de communes au Sud d'Arras, nous décrit une des 40 opérations
engagées, nées d'une volonté politique de faire vivre l'agenda 21.

L'agriculture industrielle
dominant sur ce plateau le projet vise à maintenir la biodiversité
avec un projet sur 1ha8 de prairie, une petite rivière polluée, mais
un corridor bio où il faut boiser, inventer un verger, un potager et
y faire passer un sentier de randonnée.

Le projet est difficile. On
sait ce qu'il faut faire mais il faut en avoir le courage. Il s'agit
de faire une conversion philosophique au bio, dure mentalement. La terre
aussi doit s'y convertir... et cela prend 3 ans. Il faut y croire !
Il est prévu d'y pratiquer une indépendance alimentaire ainsi qu'énergétique
(avec des panneaux solaires pour alimenter le pétrin et le frigo).
C'est une réalisation petite mais qui se veut une vitrine et qui a
un rôle social.

Pour 2010 il est prévu aussi
un projet d'écoquartier de 13ha avec des logements sociaux aidés pour
agriculteurs bios.On a commencé à y planter 2ha5 de bois + 3ha sur
une ancienne décharge. Il y aura aussi un jardin d' 1ha pour de la
culture bio. Il y a là des valeurs humaines à mobiliser pour démontrer
qu'on peut construire et réaliser une utopie consensuelle. Il faut
avoir le courage de choisir le développement de la culture bio locale,
mais la cohérence de ces actions est bien ressentie maintenant. Le
rôle des accompagnateurs y est important.

Laure Olivier
nous parle maintenant de son club CIGALES qui s'est constitué en novembre
dernier  : « les biaux jardins du Cojeul » .
Dans ces clubs 5 à 20 personnes investissent une somme mensuellement
pendant 5 ans, avec la possibilité aussi d'apporter du capital dans
une société coopérative. Chaque club est en lien avec d'autres clubs.
On se réunit une fois par mois et ainsi on y maîtrise l'usage fait
de cet argent. Il s'agit dans celui ci de montrer que le bio est possible
en Arrageois et d'y aider.

En réponse aux questions

il est signalé aussi la création d'une AMAP « ALTERCIRCUIT » avec
6 producteurs qui fournissent 40 foyers ; une coopérative de transformation
de viande a permis aussi la création de 6 emplois. L'idée est de sensibiliser
et d'essaimer.

Philippe Vachette parle de
Chambéry où une coopérative fournit en pommes et poires de moins
de 30 km à la ronde pour 5.000 repas dans les cantines scolaires et
les maisons de personnes âgées. Cela fait 40 tonnes par an ! Et dans
« l'Y grenoblois » un jour par semaine est servi un repas bio en cantine.
Et pour montrer qu'on peut agir, il affirme que les pavés noirs venant
de Chine qui avaient été prévus pour refaire une place de la ville
ont été refusés (il était absurde de faire venir de si loin des
matériaux aussi lourds.)

Les agriculteurs qui se lancent
c'est parce qu'ils veulent vivre de leur activité et donner du sens
à leur vie. Ils aiment leur métier, veulent que leur terre soit pérenne
et pensent d'abord à nourrir la population. L'un d'eux explique que
pour produire 9 tonnes de tissu de lin il faut 89 tonnes de cette plante.
Hélas il n'y a quasiment pas d'offre de terre à cause de la spéculation
pour le terrain à bâtir.

L'espace rural a une fonction
environnementale autant que productive et le monde agricole devrait
être mieux respecté. Ne soyons pas comme tous ces consommateurs qui
se plaignent de manger mal et que c'est trop cher ! Soyons prêts à
payer pour avoir du bon.

Il y a un choix de société
à faire. Nous avons à changer notre regard. Comparons l'Argentine
avec des terrains de 10.000 ha et le Japon où pas un pouce de terrain
n'est perdu.

Myriam Laurent, dans une Chambre
d'agriculture, travaille sur le phytosanitaire à échéance de 2018.
Seulement 10% des terres sont pour l'agenda 21. 90% c'est encore de
l'agriculture conventionnelle. Le bio reste à une échelle humaine.
Dans certaines régions, en juin, pendant 8 jours c'est tout le territoire
qui est imprégné de pesticides !!!

Tout ce qu'on a décrit ce
soir ce ne sont pas des actions exemplaires ... car alors elles auraient
plus d'adeptes. Hélas elles ne sont pas médiatisées plus loin que
dans la presse locale. Mais c'est déjà ça !

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