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Les Eglises aussi peuvent s’y mettre !

Chronique diffusé le 23 octobre 2006 sur RCF Savoie

Il est des responsables d’Eglise pour qui le gaspillage généralisé des ressources, celui que notre société occidentale pratique actuellement à grande échelle, cette gabegie dangereuse constitue un vrai affront à la Création. C’est notamment ce que rapporte un article du dernier n° de La Revue Durable, cette excellente revue, que des suisses courageux éditent à Fribourg et qui fait tout les 2 mois en langue française le point sur la réflexion et les pratiques en matière de développement durable.

Je tire ces éléments de réflexion de ce dernier n° : l’évêque anglican de Londres, Richard Chartres n’y va pas par 4 chemins dans sa réflexion puisqu’il affirme que prendre l’avion pour faire des vacances ou avoir une voiture inutilement grosse est un symptôme de péché. Le 5 juin dernier, il a pris la tête d’une campagne nommée « Réduire l’empreinte de l’Eglise d’Angleterre » ; ici quand on parle d’empreinte, il s’agit bien d’empreinte écologique, c’est à dire : le nombre d’ha de terre émergée dont chacun a besoin pour fournir l’énergie et les matières premières qu’il consomme et digérer les déchets qu’il produit. Il semble donc très important que chaque église puisse à son niveau, travailler à réduire son empreinte en commençant par le domaine de l’énergie (chaudière performante, éclairage économe, très bonne isolation...) et ce travail est ensuite demandé à chaque fidèle sur son lieu de vie. L’évêque de Londres rappelle que « le péché n’est pas limité à ce qui figurerait dans une liste restreinte de fautes morales ; c’est de mener une vie tournée vers soi même en ignorant les conséquences collectives de ses actes »

La vigueur de ce projet autorise même l’évêque de Londres à interroger et interpeller l’Eglise catholique : qu’avez vous fait depuis la réunion d’Assises demande-t-il à ses collègues responsables ? Cette rencontre de toutes les grandes religions a eu lieu il y a tout juste 20 ans, Jean-Paul II l’avait voulu pour relancer la réflexion et l’action commune de toutes les grandes religions pour la protection de la nature.

Avec ces interrogations si pertinentes de l’Eglise d’Angleterre, on semble à 100 lieues du quasi silence de la hiérarchie de l’église catholique française, silence car il y majoritairement absence de réelle conscience collective qu’il y a dans ces questions un des enjeux fondamentaux pour la Création !

Pour illustrer cette très grande faiblesse de culture développement durable de l’Eglise catholique, la revue Durable rappelle cette anecdote symbolique : Comme cadeau d’adieu au diocèse de Paris, les fidèles ont offert en février 2005 à Monseigneur Lustiger, un des moyens les plus efficace de polluer la planète : un billet ouvert illimité pour voyager en avion pendant 2 ans !!! et ce, juste quelques jours après l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto ! ce formidable droit officiel à polluer en toute impunité a en plus deux facteurs très aggravants : il situe à un des plus haut niveau moral de la hiérarchie catholique, l’insouciance de polluer en toute impunité et de plus c’est quasiment avec la bénédiction du ciel !!
A la suite des initiative de Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes, il est temps pour l’église d’ouvrir les yeux sur ce thème et d’y avancer à grand pas mais dans la grande humilité qu’appelle son retard historique... mais si français !